C’est un débat national, qui anime le gouvernement, le Parlement et les cafés du commerce : le forces françaises doivent elle, ou non, rester en Afghanistan ? Pour moi, cette polémique résonne intensément, car c’est un pays que je connais et que j’aime depuis longtemps. À l’époque des French doctors, à la fin des années soixante-dix, c’est vers l’Afghanistan bombardé par les Migs soviétiques qu’une toute jeune association humanitaire, Médecins du Monde, tournait ses regards et ses efforts…
Après 2001, je suis retourné à Kaboul. J’y ai découvert un système sanitaire détruit par 25 années de guerre, et nous avons voulu créer un hôpital. L’Hôpital français pour enfants existe aujourd’hui, il fonctionne et sauve des vies. Il se dresse au centre de la capitale afghane comme un espoir de paix retrouvée.
Alors, le débat actuel, je l’entends de cette manière : doit-on aider ce pays de misère ? Doit-on poursuivre là-bas notre tâche ? C’est vrai, ces questions ne sont pas posées à la population afghane, qui n’a jamais voix au chapitre… Je voudrais m’en faire ici un peu le porte-parole ! Chaque jour, dans notre Hôpital, défilent des familles, des infirmiers, des médecins, et tous tiennent le même langage : nous voulons vivre dans la sérénité, nous voulons la paix et la sécurité.
Mais je suis inquiet, car la présence des armées alliées reste trop souvent perçue comme une puissance d’occupation. Il faut sans doute rester en Afghanistan, mais il me semble urgent et nécessaire de transformer les forces de guerre en forces de paix ! Comment ? Un jour de présence militaire en Afghanistan, tous pays confondus, coûte le prix d’un hôpital pour enfants… Alors, je propose une trêve militaire un jour par mois, et en peu de temps nous couvrirons le pays d’une indispensable infrastructure sanitaire.




