En guise de présentation…
Né en 1940, chirurgien cardiaque, chef du pôle de chirurgie cardio-vasculaire de l’Hôpital européen Georges Pompidou de Paris, professeur à l’université Paris V, membre de la Société européenne de Cardiologie et de l’Académie de Chirurgie, président et fondateur de La Chaîne de l’Espoir…
Voilà les faits. Mais derrière la sécheresse de ces lignes se cache la vie. Interne des Hôpitaux de Paris dès 1964, passionné de chirurgie cardiaque, j’ai suivi et participé à la naissance de cette spécialité. Le 11 mai 1968, à l’âge de 28 ans, alors que Paris se hérissait de barricades, je participais à une autre révolution : celle qui se déroulait dans le bloc opératoire de l’hôpital Broussais où mon patron, Charles Dubost, réalisait la première greffe du cœur réussie en Europe.
À la même époque, je travaillais au côté d’Alain Carpentier dans deux directions. D’une part, je me suis engagé avec lui dans la bataille menée contre l’infarctus afin de déterminer les gestes permettant de réduire la taille et les conséquences de la crise. D’autre part, toujours sous sa direction, je me suis attelé à la réparation des valves du cœur, particulièrement chez l’enfant.
En participant à ces progrès, j’ai vite constaté le gouffre médical creusé entre les pays riches et les contrées de misère. Ici, on soigne à grands frais des patients âgés au cœur fatigué, et l’on a raison ; là-bas, faute d’infrastructures et de personnels formés, on laisse mourir des enfants souffrant de malformations cardiaques aisément opérables.
Que faire quand l’injustice du lieu de naissance condamne un enfant ? Face à cette question sans réponse, nous avons été plusieurs à vouloir réagir. Dès 1988, une idée simple a été émise : créer une chaîne de solidarité qui permettrait à des petits malades du bout du monde de venir se faire soigner en France. Et ce fut La Chaîne de l’Espoir.
Mais notre Chaîne a aussi pour objectif de partager le savoir médical. En Afghanistan, au Cambodge, au Mozambique, des hôpitaux ont été créés, des médecins et des chirurgiens formés… Chaque année, des milliers d’enfants sont pris en charge pour des opérations, des consultations ou des soins. Chaque année, à différents niveaux, nous prenons en charge environ 3000 enfants à travers le monde.





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