Nous rencontrons le docteur Philippe Valenti à l’Institut de la Main - Clinique Jouvenet de Paris - la veille de son départ pour l’Iran.
Entre deux consultations, le Dr Philippe Valenti, chirurgien orthopédiste, nous accorde un peu de son temps précieux.
A La Chaîne de l’Espoir on dit de lui qu’en Amérique du Sud, il va lui-même en avion chercher les enfants malades qu’il devra opérer. Chirurgien, aventurier, héros (il l’est surement pour les enfants auxquels il redonne une vie normale), son dynamisme brille à travers ses yeux. "Je profite de la vie", nous confie-t-il en souriant.
Son engagement dans l'humanitaire a vu le jour il y a 30 ans. Ancien membre de Médecins sans Frontière , après son passage à Médecins du Monde, en 1995 il participe à la création de La Chaîne de l’Espoir avec Alain Deloche et Eric Cheysson. Le Dr Valenti a un profil médical très spécialisé.
Président de la Société Européenne de Microchirurgie, chirurgien de la main et du membre supérieur, il conduit également des activités de recherche scientifique : dans le cadre de son activité privée, il est l’auteur d’un brevet pour une prothèse d’épaule. Il en implante environ 2000 par an.
Père de cinq enfants, le Dr Valenti a décidé de dédier sa vie au soin d’enfants issus de familles pauvres. "Tous les enfants ont droit à un traitement d’excellence, de standard européen" pense-t-il, cartésien. Il ne cède ni à la peur ni au sentimentalisme.
On lui rappelle que l’Iran fait l’objet d’un nouvel embargo pris par l’Union Européenne en réponse au programme nucléaire en cours et il réagit sans hésitation: "C’est à ce moment-là qu’il faut les aider, les enfants, les populations. L’unique situation qui me fait peur est celle de l’impuissance, ausculter un enfant qui a voyagé pendant 10h et être obligé de lui dire qu’il n’y a rien à faire".
Le Dr Valenti a une idée très claire de son travail : opérer les enfants et former les chirurgiens dans les pays où il n’y a pas de chirurgie pédiatrique du membre supérieur. Il est très pragmatique : la chirurgie de la main ne demande pas beaucoup d’argent mais beaucoup de savoir. Il caresse même un projet, la création d’un Diplôme universitaire entre Téhéran et Paris : l’Institut Zanjireh Omid, fondé en 2007, serait la structure hospitalière où former les chirurgiens iraniens pendant deux ans.
Au fil des ans il a noué des liens forts avec l’Amérique du Sud. En Colombie, où il est responsable de La Cadena de Esperanza, réseau de chirurgiens sud-américains, la machine est huilée. Désormais, il participe à deux missions internationales par an, pour les cas les plus compliqués.
Le quotien est gérée par les chirurgiens sud-américains, parfaitement autonomes. Ils organisent des missions nationales tous les trimestres. "Je garde toujours un lien avec les enfants opérés. Je continue àles revoir au cabinet, parfois même 15 ans après".
Afghanistan, Colombie, Iran, Egypte... En 2012, le docteur Valenti sera sur la route pour poursuivre sa mission : offrir aux enfants démunis l'excellence médicale. A suivre sur ce blog !
